Tracer des frontières à Djibouti

Hommes et territoires aux XIXe et XXe siècles - Corpus de textes


12 février 1893 - Lettre de Menelik au roi Humbert dénoncant le traité de Wochale
Lion vainqueur de la tribu de Juda, Ménélik II, élu du Seigneur, roi des rois d’Ethiopie, à Sa Majesté Humbert Ier, roi d’Italie, salut.
Dans le but de fortifier l’amitié qui existe entre l’Ethiopie et l’Italie, j’ai consenti au traité de commerce et d’amitié signé à Ucciali le 25 miazzia 1881 (25 mai 1889). Peu après, des difficultés sont survenuues qui m’ont profondément attristé.
Ayant découvert que l’article 17 de ce traité n’était pas conforme dans le texte amhara et dans le texte italien, je vous en ai immédiatement avisé, et j’ai été bien peiné de ne recevoir, tout d’abord, aucune réponse à mes réclamations. Enfin, lrosque vous m’avez envoyé le conte Entonelli avec vos pleins pouvoirs pour résoudre ces difficultés survenues, il fut convenu que pour mettre un terme à tout malentendu entre nos gouverneurs de Tigré, les frontières des territoires que je vous avais concédés seraient immédiatement délimitées. Je vous ai confié dans ce but mon Dedjazmatch Machada-Worké. Vous me l’avez renvoyé couvert d’injures et malmené d’une façon outrageante pour mon empire, tandis que vos gouverneurs traitaient directement avec tous les ennemis de mon autorité, avec tous les révoltés, foulant les frontières au mépris de notre traité et cherchant à soulever contre moi les provinces environnantes.
J’ai été péniblement attristé de tous les événements qui m’obligent à demander le bénéfice de l’article de notre traité autorisant chacun de nous à le résilier à cette date présente, et je viens vous déclarer par cette lettre que je dénonce complètement ce traité du 25 miazzia 1881 (25 mai 1889) ainsi que les annexes signées le 25 septembre suivant.
Ce traité prendra donc définitivement fin le 24 miazzia 1886 (24 mai 1894).
Mon intention n’est pas de renoncer à toute amitié. J’espère au contraire, que lorsque ce traité n’existera plus nos relations d’amitié redeviendront aussi étroites que par le passé. Je suis persuadé que Dieu vous montrera de quel côté est la justice, et que vous jugerez par vous même, selon la vérité, les actes de vos gouverneurs.
J’espère que vous acceptez comme moi le bienfait de cet article du traité et que vous me répondrez promptement en m’accusant réception de ma déclaration.
Je fais des vœux pour que Dieu vous conserve en bonne amitié.

Ecrit à Addis Abeba, le 7 yékatit de l’an de grâce (12 février 1893)
C'est une copie.
Référence ANOM 2E4
Pour citer ce document djibouti.frontafrique.org/?doc62, mis en ligne le 20 octobre 2010, dernière modification le 19 juin 2011, consulté le 20 août 2017.

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