Tracer des frontières à Djibouti

Hommes et territoires aux XIXe et XXe siècles - Corpus de textes


20 mai 1862 - Procès-verbal constatant la prise de possession de la baie d’Obokh
Aujourd’hui vingt mai de l’an mil huit cent soixante-deux,
Par devant nous Premier secrétaire interprète de l’empereur actuellement en mission dans la mer Rouge et les témoins soussignés,
s’est présenté :
le sultan Diny, fils du sultan Mohamed, accompagné de son visir Bourhan Eddin, fils du sultan Mohamed, de ses fils Bourhan et Mohamed, de l’émir Aly Ibrahim Aboubekr et des notables de la tribu des Danakils Addali, dont le territoire s’étend depuis Assab au Nord jusqu’à la limite de Moudi au Sud-Ouest.
Lequel nous a déclaré céder en toute propriété et à perpétuité, tant en son nom qu’en celui de ses descendants, héritiers et ayant-droit, à S.M. l’empereur des Français, la baie, rade et mouillage d’Obokh, tels qu’ils se comportent et sont énoncés dans le traité signé à Paris le 11 mars 1862.
Le sultan Diny nous a déclaré que cette cession était faite aux conditions stipulées dans le traité et qu’il renonçait pour lui, ses successeurs, héritiers ou ayant-droit, à tous droits sur la baie d’Obokh et son territoire et qu’il le faisait en vertu de son indépendance absolue, de son plein gré et libre arbitre et après s’être assuré de l’assentiment des membres de sa famille, des chefs et des notables de la tribu.
Les engagements pris par l’article 4 du traité ayant été remplis, nous avons, en conséquence, pris possession, au nom de l’empereur, de la baie, rade, mouillage et territoire d’Obokh et y avons fait arborer le pavillon français qui a été hissé aux cris de Vive l’empereur et salué de vingt-un coup de canon et de trois salves de mousqueterie faites à terre par la compagnie de débarquement de l’aviso à vapeur de la Marine impériale le Curieux.
En foi de quoi nous avons dressé le présent procès-verbal de prise de possession que nous avons signé avec le sultan Diny, son vizir Bourhan Eddin, ses fils, l’émir Aboubekr et M.M.
Buret, capitaine de frégate,
Rousseau, lieutenant de vaisseau, commandant le Curieux,
Spément, lieutenant de vaisseau,
Grandin, enseigne de vaisseau,
L’Espagnol de Chanteloup, enseigne de vaisseau,
Outré, officier d’administration du Curieux,
Magnon-Pujo, aspirant de 1re classe,
Gascoin, aspirant de 2e classe.
Ont signé à l’original arabe
sultan Diny,
visir Bourhan ben Mohamed
Bourhan ben sultan Diny,
Mohamed ben sultan Diny
et comme témoins :
cheikh Sirr Aly ben Hamd’Allah
Bourhan Arhmed,
Aïssa,
Aly ben Mohamed,
cheikh Ab’lah
Au dessous de ces signatures est écrit :
Et Dieu est le meilleur des témoins.

Fait à Obock, les jour, mois et an que dessus.
Original en français et en arabe, sans les signatures arabes annoncées.
Référence M.A.E. Traités. Éthiopie 18620026
Pour citer ce document djibouti.frontafrique.org/?doc266, mis en ligne le 19 juillet 2011, dernière modification le 28 mars 2013, consulté le 19 septembre 2017.

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