Tracer des frontières à Djibouti

Hommes et territoires aux XIXe et XXe siècles - Corpus de textes


18 avril 1934 - Accord franco-anglo-éthiopien sur le point de trijonction
Accord britannico-franco-éthiopien pour la fixation du point de jonction des frontières entre le protectorat du Somaliland britannique, l'Empire d'Ethiopie et la colonie de la Côte française des Somalis

I - Membres de la commission tripartite
Mission britanique :
Lieutenant colonel E.H.M. Clifford, O.B.E., M. C., Royal Engineers, commissaire
A.T. Curle, de l’administration du Somaliland britannique, commissaire adjoint
Mission éthiopienne :
M. le Badjirond Tassama Banti, officier de l’ordre de Ménélick, commissaire
Ato Lorenzo Teazaz, conseiller juridique, officier de l’Etoile d’Ethiopie, commissaire adjoint à partir du 5 avril 1934.
Mission française :
M. le capitaine Pierre Fargues, de l’infanterie coloniale, chevalier de la Légion d’honneur, Médaille militaire et Croix de guerre, commissaire à partir du 24 mars 1934.
M. Michel Prétceille, géomètre principal du service des Travaux publics de la Côte Française des Somalis, Croix de guerre et Médaille coloniale, commissaire adjoint.

Ont aussi participé aux travaux de la Commission ;
Mission britannique : Major B.T. Godfrey-Fausset, M.C. Royal Engineers, commissaire adjoint jusqu’au 19 février 1934
Mission éthiopienne : M. le Lidj Zaoude Balaineh, commissaire adjoint jusqu’au 18 mars 1934. M. l’Ingénieur Emil Beitz, commisaire adjoint et chef technicien jusqu’au 10 mars 1934.
Mission française : M. Jacques Roussan, ingénieur principal, Chef du service des Travaux publics de la Côte Française des Somalis, Croix de guerre, commissaire jusqu’au 28 février 1934.

II - Documentation
Les trois frontières sont définies dans les actes diplomatique, à savoir :
a) entre le Somaliland britanique et la Côte Française des Somalis, par l’accord anglo-français des 2-9 février 1888
b) entre la Côte Française des Somalis et l’Ethiopie par la convention franco-éthiopienne du 20 mars 1897 (12 megabit 1889)
c) entre le Somaliland britannique et l’Ethiopie par l’annexe III au traité anglo-éthiopien du 4 juin 1887 (28 genbot 1889)

III - Etudes préliminaires
Les missions britanniques et françaises seules se sont réunies le 20 octobre 1933 et ont fixé sur le terrain le point où la frontière entre le Somaliland britanique et la Côte Française des Somalis part du litoral, en face des “puits de Hadou”, cités à l’accord anglo-français de 1897. Cet endroit est connu sous le nom de Lawada ou Loyi Ada.
Ensuite les trois missions se sont réunies le 2 novembre 1933 à Djallelo et ont procédé à la reconnaissance et à la détermination sur le terrain :
a) de la région et du point de Djallelo, cités à la convention franco-éthiopienne de 1897
b) de la région et du point d’Abbassouen, cités à l’accord anglo-français de 1888
c) de la région de Rahale, citée à la convention franco-éthiopienne de 1897.

La commission tripartite a tenu 27 réunions.

IV - Décisions
1 - Le point de trijonction a été choisi au point trigonométrique Y47 sur le sommet de la colline de Madaha-Djallelo, d’où la frontière franco-éthiopienne empruntera le tracé suivant (voir annexe A) :
la ligne droite passant par les sommets :
- cote 493, dite Tarantar
- cote 525, également dite Tarantar
- cote 569 (point trigonométrique Y48) dite Gueldagaass
- cote 539, également dite Gueldaga-ass
puis la ligen de crête jusqu’au confluent de “tug” à environ 1300 mètres à l’ouest de la cote 539;
ensuite le lit du “tug” par le thalweg de celui-ci jusqu’à un point dans la région de Rahale situé dans le thalweg et au milieu de la distance séparant le “tug” venant du nord par le défilé de Goll-Holl et le premier “tug” venant à l’est (en aval) de celui-ci, comme l’indique le croquis ci-joint (annexe B)
Ce dernier point est concrétisé par un signal indicateur placé sur le premier sommet de la colline située dans la direction du nord et déparant les deux “tug” précités.
Il est à noter que les altitudes citées ci-dessus sont succeptibles d’être modifiées lors du réglement définitif des calculs de la commission de délimitation anglo-éthiopienne.
2 - L’adoption de cette ligne a comme résultat une perte territoriale pour l’Ethiopie évaluée à trois kilomètres carrés. La France s’engage à rétrocéder à l’Ethiopie des terrains d’une valeur d’égale importance, lors de la délimitation ultérieure.
3 - Il est convenu que les puits existants ou à venir dans la vallée du “tug” Rahale-Hadadou qui devient maintenant la frontière franco-éthiopienne seront de jouissance commune; donc, sous les termes du deuxième paragraphe de l’annexe III au traité anglo-éthiopien de 1897, les sujets et personnes protégées britaniques y auront les mêmes droits.
4 - Il est convenu également que les sujets et personnes protégées britanniques et français auront pleine jouissance des puits de Guesdir pour eux-même et pour leurs bestiaux sans aucune imposition ou empêchement d’accès et que, par suite du deuxième paragraphe de l’annexe III au traité anglo-éthiopien de 1897, ces mêmes droits appartiennent égalemetn aux sujets éthiopiens.

En foi de quoi, nous délégués dûment habilités par nos gouvernements respectifs, avons signé le présent accord en trois exemplaires en texte français.
Fait à Mordale (Ethiopie), le 18 avril 1934 (10 miazia 1926)
C'est une copie, accompagnée de deux cartes originales, l'une au 1/100 000e «pour la fixation du point de trijonction» (annexe A) et l'autre au 1/10 000e pour le «Point d'arrêt de la frontière franco-éthiopienne à Rahalé» (annexe B).
Référence ANOM 2E4-1
Pour citer ce document djibouti.frontafrique.org/?doc116, mis en ligne le 18 novembre 2010, dernière modification le 4 décembre 2010, consulté le 24 juin 2017.

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